Aede

Accompagnement, Écriture, Documentation, Expression

Mise en page 1

COLLOQUE JEUNES CHERCHEURS En partenariat avec la Cinémathèque de Toulouse

Comité organisateur : Lauren Bentolila-Fanon, Charlène Huttenberger, Marine Le Bail

L’ACCESSOIRE D’ÉCRIVAIN

AU XIXE SIÈCLE : LE SENS DU DÉTAIL

11-12-13 octobre

2017

mercredi 11 : jeudi 12 :

vendredi 13 :

Nouvelle Maison de la Recherche, salle D31 Cinémathèque de Toulouse,

projection des Enfants du siècle de Diane Kurys Bâtiment du Gai Savoir, salle GA 061,

Université Toulouse - Jean Jaurès

Contact : colloque.accessoire2017@gmail.com

Conception graphique : Benoît Colas, Université Toulouse - Jean Jaurès / CPRS - DAR. Illustrations : © DR.

September 26th 2017

« Y’a pas de problème » ou « y’a pas de souci(s) » ? Le langage usuel et ses modes

 Les modes de langage ou les habitudes passagères mais largement partagées d’expressions verbales du quotidien sont un phénomène constant et tournant.

Pour relayer l’expression usuelle : « y’a pas de problème », j’ai connu dans les années 1990 un « y’a pas d’lézard », ou « y’a pas de blème », mais en l’occurrence, les blèmes étaient des contractions du mot problème et les lézards étaient toujours une métaphore de problème.

Aujourd’hui, il est remarquable que l’expression : « y’a pas de soucis » s’est largement répandue puis imposée, évacuant les problèmes dans une sémantique antérieure. Les modes étant ce qu’elles sont, le mot problème reviendra probablement un jour ; ou un autre mot remplacera les soucis dans la formule populaire.

Le mot problème vient du latin problema, lui-même issu du grec pròblema qui signifie : porté en avant. Il s’agit donc de considérer, comme posé devant soi, un objet à traiter.

Le mot souci vient du latin sollicitare qui signifie : tourmenter, préoccuper ; et qui a donné dans un sens dérivé le verbe français : solliciter. Il s’agit là d’un état perturbé du sujet.

Aujourd’hui, pour le temps que l’expression durera, on peut observer un glissement sémantique porteur de sens. Par rapport aux problèmes, les soucis déplacent le sens du fonctionnel vers l’affect. Les problèmes désignent des difficultés d’ordre mécanique ou fonctionnel, des situations complexes nécessitant des mesures raisonnées ou des solutions réfléchies, le tout en dehors des influx émotionnels. Le souci entend une inquiétude, un dérangement psychologique qui engage immanquablement un ressort affectif. Un souci ne se résout pas nécessairement par la raison, l’analyse, ou un aménagement structurel. Un problème se traite et dans le meilleur des cas se résout. Un souci s’éprouve et dans le pire des cas se subit, même si une autre expression à la mode implique qu’on gère maintenant même les sentiments.

Ne faut-il pas voir dans l’évolution de l’expression une image de l’évolution des temps où la raison était anciennement le recours existentiel pour interpréter la vie, et où maintenant la prime aux émotions (tristes), largement relayées par les médias, l’angoisse de vivre et l’incertitude de l’avenir  caractérisent la conscience collective ?

September 6th 2017
August 8th 2017

Le poète est celui “qui donne un sens plus pur aux mots de la tribu”.

Mallarmé, Le tombeau d’Edgar Poe

July 23rd 2017

Les oiseaux des confins

Les oiseaux des confins planent à la surface de la terre,

comme des saltimbanques insatisfaits,

trouant d’un chant obscur l’opacité du sol,

cherchant le point d’appui qui bouleverse le monde.

Ils vont ensemble, en ondes passagères.

Sous la rectitude de leur regard,

ils nous couvrent d’une imprégnation aux racines inconnues :

celle qui nous fait humains,

qui nous anime ou nous confond

sur nos chemins rugueux,

en puissants remous de l’esprit ;

celle qui nous élève ou nous écrase

en adversaire tenace de nos peurs cachées.

Ils sont l’amour et la colère

l’espérance et le remords,

suspendus en paradoxes éternels sur les décors de l’univers.

Mais nous nous savons fiers d’être le port fragile

de cette force étrange :

humanité fébrile, petite âme indocile

qui perd son horizon quand le ciel se voile,

pour qui la liberté est un don malvenu

quand il lui  manque l’idéale souffrance

d’être éloignée encore de son rêve absolu ;

de ce qu’elle aime par dessus tout.

Les oiseaux des confins que la grâce illumine

sont nos futurs promis,

au-dessus du vacarme et des cris de l’enfance

quand nos formes achevées seront éblouissantes

sur des cœurs bouleversés par la fin des tempêtes.  

July 9th 2017

Le XIIe Congrès de l’Association internationale d’études occitanes (AIEO) se tiendra à Albi du 10 au 15 juillet 2017. Il est organisé par l’Université Toulouse-Jean Jaurès et réunira 151 chercheurs venus de trois continents et de 15 pays, spécialistes de la matière occitane à travers la littérature (médiévale, moderne, contemporaine), la linguistique (médiévale, contemporaine), la sociolinguistique, l’anthropologie, la musicologie et la didactique.

June 26th 2017

Article

Philippe Roy, « Chaos dramatique et chaos dynamique : Racines égyptiennes et grecques de la cosmogonie du chaos », Matières à penser. Du chaos à l’harmonie du monde, 5, 2017, p. 53-75.

June 12th 2017

Conférence donnée le 23 mai 2017.

Le religieux, le spirituel et le sacré. Mises au point et perspectives actuelles.

Lien ci-dessous

May 29th 2017
May 29th 2017

Du bon usage des guillemets

Ces signes typographiques auraient été inventés au XVIe siècle par l’imprimeur Guillaume le Bé (surnommé Guillemet). Quelque peu légendaire par manque de sources avérées (à ma connaissance), cette histoire reste plausible.

Les guillemets servent à encadrer dans un texte des citations empruntées à un autre auteur afin de distinguer ce qui appartient à l’un et ce qui appartient à l’autre. Les guillemets ont remplacé les virgules qu’on utilisait auparavant pour repérer la citation, ce qui pouvait induire des confusions avec l’usage premier de ce signe. En imprimerie française les guillemets prennent la forme de doubles chevrons («  »), tandis que les Anglo-saxons leur donnent la forme de doubles 6 et de doubles 9 (“ ”).

Les règles d’usage sont précises : les guillemets permettent au lecteur de distinguer ce qui relève du texte lu et ce qui appartient à l’emprunt. D’une simple phrase à plusieurs pages, les éléments mis entre guillemets sont tenus de respecter le texte cité. Le premier guillemet précède le premier mot de la phrase citée et le second est inscrit après le point si la citation est donnée in extenso ; avant le point si elle est partielle. D’éventuelles parties retirées par l’emprunteur au texte de référence sont signalées par trois points de suspension entre deux crochets. Parfois, une simple expression empruntée peut être signalée par des guillemets pour indiquer qu’on ne s’approprie pas un terme pensé par un autre auteur, dont en général on cite aussi le nom, ou qu’on utilise une définition appartenant à un registre ou une discipline spécifiques.  

Une autre fonction des guillemets consiste à introduire et conclure les dialogues dans un texte littéraire.

Une troisième fonction a ensuite été définie par l’usage, au cours du XXe siècle, qu’on appelle les guillemets d’ironie. Ils visent à prendre des distances ou à se désolidariser de l’emploi courant du mot utilisé. Cet usage veut de plus en plus marquer le fait qu’un terme ou une expression ne doivent pas être reçus par le lecteur dans leur sens littéral ou qu’en le soulignant ainsi l’auteur entend relativiser quelque chose du sens qui leur est couramment donné, sans s’engager précisément dans sa réserve en la définissant explicitement.

Le problème vient donc des deux mots : précision et engagement.

Il est aujourd’hui constatable qu’une dérive de l’expression se résout dans la relativisation systématique du discours. Cette évolution est à mettre au crédit de ce qu’on nomme le politiquement correct, expression que j’éviterai pour ma part de mettre ici entre guillemets, même si j’en désapprouve les excès, en indiquant simplement que ce terme générique désigne une attitude intellectuelle moderne bien définie : celle qui tend à lénifier la réalité dans une sociologie du tous pareils, du plus grand dénominateur commun et du rejet tout ce qui peut sembler radical. On met dès lors entre guillemets toute formulation qui ne veut pas engager son auteur parce que l’auteur ne s’engage pas dans sa pensée ou ne veut pas faire l’effort de la préciser. L’usage s’étend au discours oral qu’on voit lui-même ponctué de gestes des deux mains levées de part et d’autre du visage, le parleur effectuant de l’index et du majeur le signe typographique des guillemets anglais, ou mimant parfois ce qui ressemble à des oreilles de lapin, toujours dans le but de se désolidariser de son propos aussitôt qu’il est prononcé et de relativiser ce que l’auditeur pourrait entendre comme discutable. Devant malgré tout user du langage, il faut donc s’en défaire aussitôt qu’on l’emploie, comme on fait d’un plat trop chaud sorti du four dont on se déleste hâtivement sur la table.

À l’absence d’engagement dans l’expression s’ajoute malheureusement la paresse de ne pas s’astreindre à employer le mot juste, le terme adéquat au signifié, quand les guillemets secourables sont là pour user de l’indéfini comme d’une polysémie tiédasse.

Entre appauvrissement du vocabulaire et tiédeur de l’expression, la rhétorique ne sort pas renforcée de cette pratique nouvelle du langage et de l’écrit, représentative, peut-être, d’une époque incertaine, bousculée par ses peurs, édulcorée et ternie par des consensus prudents.

Face au désengagement intellectuel, préconisons une expression écrite ou parlée pleine et affirmative qui redonne simplement aux guillemets leur usage circonscrit, pratique et honnête.

May 19th 2017